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Hommage : Il ya 11 ans disparaissait le doyen Ba Mamadou à Paris

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Connu pour son franc-parler et sa propension à commenter l’actualité de son pays, le « doyen » Mamadou Boye Ba s’est éteint à Paris le 26 mai, âgé de 79 ans.

Le cancer a eu raison de cet homme usé par un demi-siècle de combat politique et d’échecs dont il souffrira en secret toute sa vieCe 26 mai 2020, marque les 11 ans de disparition de l’opposant guinéen Bâ Mamadou. Des années après, malgré le silence du pouvoir, ses proches se souviennent toujours de lui et à jamais.

C’est le cas de Bah Oury, membre fondateur de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), parti qu’avait dirigé Bâ Mamadou, avant de céder le fauteuil à un autre.

Sur son compte Tweeter, l’ancien  vice-président exclu de l’UFDG a rendu un vibrant hommage  à son ancien collaborateur politique. Bah Oury qualifie de Bâ Mamadou de courageux, impulsif et visionnaire.

Dans son tweet, Bah Oury affirme que  son ancien compagnon a été le précurseur de l’éveil de la conscience politique et démocratique en Guinée

« Le 26 mai 2009 s’éteignait le doyen Bâ Mamadou. Président de l’UNR, puis président de l’UFDG, il a marqué la scène politique guinéenne post-Sékou Touré. Sans aucune contestation, il a défriché les voies de la démocratisation de la Guinée par ses tracts au début des années 90. Il a ainsi éveillé les consciences pour leur rendre leur dignité de citoyens disposant de droits inaliénables. Leader téméraire et populaire, il fut l’un des principaux opposants au régime militaire de Lansana Conté. Farouche partisan des réformes de l’Etat, il ne fut pas hélas écouté » à écrit Bah Oury sur compte Tweeter

Mais que retenir de Bâ Mamadou ?

Il était connu pour son franc-parler et sa propension à commenter l’actualité de son pays. Le « doyen » Mamadou Boye Ba s’est éteint à Paris le 26 mai, à l’âge de 79 ans. Le cancer a eu raison de cet homme usé par un demi-siècle de combat politique et d’échecs dont il souffrira en secret toute sa vie. S’il est vrai que son élévation le 5 mai au rang de chevalier de l’ordre du Mérite l’a réconforté, le président d’honneur de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, dirigée par Cellou Dalein Diallo) n’en est pas moins parti avec un goût d’inachevé. Le doyen de l’opposition attendait l’avènement d’une véritable démocratie issue d’élections libres.

Ba Mamadou est né à Boké en 1930. Son père, chef de canton, était un enseignant formé en France, et lui-même fréquenta les meilleures écoles sénégalaises avant de parfaire son éducation dans l’ex-métropole. Mathématicien et économiste, il a travaillé, après l’indépendance de la Guinée, dans l’administration, à la Banque centrale de Guinée et à la Banque mondiale.

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Face aux dérives du président Ahmed Sékou Touré, le bouillant fonctionnaire multiplie les déclarations contre le régime. Contraint à l’exil, il sera même condamné à mort par contumace pour « complot ». Il s’installe alors en Côte d’Ivoire, puis revient en Guinée après la disparition du dictateur.Hostile à Lansana Conté, il se fait de nouveau remarquer.

En 1990, alors que le général-président accepte l’instauration du multipartisme, il crée d’abord la Lettre ouverte aux Guinéens, une publication dénonçant les agissements des dirigeants, puis son parti, l’Union pour la nouvelle République (UNR), dont la fusion en 1998 avec le Parti du progrès et du renouveau (PPR) de feu Siradiou Diallo donnera naissance à l’Union pour le progrès et le renouveau (UPR).

En 2002, il quitte l’UPR pour l’UFDG, dont il devient le président. En 2007, il décide de céder sa place à l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo. Une semaine avant sa mort, Ba Mamadou a demandé à Diallo, qui s’était rendu à son chevet, de veiller à l’unité de l’UFDG et de défendre les valeurs démocratiques.

Mamadou Samba Barry


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