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L’enfer des pèlerins guinéens à la Mecque : « on nous dit de sortir des hôtels et partir… »

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Les pèlerins guinéens vivent désormais ce qu’il convient d’appeler « l’enfer » à la Mecque.

Bloquées depuis près d’un mois après la fin du hadj, les femmes pèlerines  guinéennes ont exprimé leur exaspération ce vendredi 21 septembre face aux interminables attentes pour le retour.

Elles se sont rendues à l’hôtel du secrétaire général des affaires religieuses pour lui demander des comptes. Mais Aly Jamal Bangoura était absent des lieux à l’arrivée des femmes. Elles dénoncent entre autres le retour sélectif des pèlerins, le débarquement de certains pèlerins qu’elles qualifient d’inadmissible ainsi que le problème de repas qui se pose.

Le secrétaire général des affaires religieuses indique que le dernier convoi arrivera à Conakry le mardi prochain avec 314 pèlerins alors que certains parlent de près d’un milliers de pèlerins bloqués encore.

Hadja Adama Oury Diallo que nous avons pu joindre depuis la Mecque relate leur souffrance.

« nous souffrons énormément ici, ce soir des pèlerines au nombre de 45, avons pris des véhicules pour aller voir le ministre à son logement mais nous n’avons pas pu le voir. Nous soupçonnons des gens qui l’ont informé au téléphone que les femmes pèlerines sont en route pour le voir  ce vendredi nous n’avons rien trouvé à manger, nous n’avons même pas d’eau. Il n’y a que des vieilles femmes sous mes yeux ici. Le départ n’est pas effectif encore. Certaines femmes décident de passer la nuit devant l’hôtel du ministre afin qu’il nous donne la solution. Ces derniers jours les responsables d’hôtels nous disent de libérer les hôtels et partir. Nous demandons secours », a lancé cette pèlerine.

Hadja Kadiatou Diallo quant à elle dénonce ce qu’elle appelle du deux poids, deux mesures dans la procédure de retour des pèlerins. Elle accuse les responsables d’avoir débarqué des pèlerins au profit d’autres.

« Les pèlerins débarqués de l’avion sont là. Hier ils nous ont dit que l’heure du départ est arrivée, ils ont pris 70 pèlerins, ensuite 40 dont moi arriver sur les lieux.  Ils ont ramené 5 la nuit pour les remplacer par d’autres,  ils viennent la nuit  pour sélectionner les gens qu’ils veulent,  pour notre cas ils nous disent d’attendre des officiels guinéens qui sont venus à Médine.  Quand ceux-ci finiront leur mission que nous allons rentrer avec eux. Ils nous parlent d’avant dernier convoi alors que nous sommes prêts de 2000 pèlerins. Ils nous punissent ici, sinon en venant on n’était pas venu avec des hôtels maintenant on nous met dans un programme d’attente des officiels, notre départ est cautionné par la fin de mission de ces personnalités annoncées, ils viennent la nuit sélectionner certains, imaginez comment on peut retourner 5 pour embarquer 5 autres, c’est de l’injustice. Le ministre des affaires religieuses doit nous ramener vaille que vaille», s’insurgée cette autre pèlerine.

Un autre vieux pèlerin ne digère pas le fait d’avoir été débarqué sans raison :

« je fais partie des personnes débarquées de l’avion  sans raison connue on s’était déjà embarqué, c’était hier,  nous sommes au nombre de 5 à être débarqué. Même le retour des pèlerins est sélectif, ils prennent les gens qui ont des bras longs et laisser les autres, sinon je ne vois pas la raison qu’on nous fasse descendre de l’avion. Pourtant nous n’avons plus de nourriture », s’est lamenté Elhadj Ibrahima venu de Koundara.

Le secrétaire général des affaires religieuses minimise ces plaintes estimant que les problèmes des pèlerins ne finissent jamais. Selon lui, il y a des problèmes d’homonymie à l’embarcation et de capacité de vol.

« C’est l’avant dernier convoi qui est parti aujourd’hui, le dernier convoi pour Conakry rentre mardi au petit matin. Le retour des pèlerins dépend de la capacité de l’avion, on ne descend personne de l’avion. Il y a un problème de régularisation de leurs papiers. Avec les homonymes ça pose parfois problème on peut appeler quelqu’un son homonyme répond, arrivée à l’aéroport maintenant avec les emprunts on se rend compte que ce n’est pas lui. Parce que l’intéressé porte le même nom avec le concerné mais ce n’est pas le même document, il y a souvent cette confusion. Le problème de pèlerinage ça ne finit pas, c’est au quotidien on gère tous les jours des humeurs. Il reste un vol, les pèlerins qui restent sont au nombre 314 », a temporisé Aly Jamal Bangoura.

// Africaguinee.com


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