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Justice : Moussa Yéro Bah bénéficie du soutien des femmes défenseurs des droits de l'homme.

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Condamnée le 3 janvier dernier par le tribunal de première instance de dixinn pour diffamation par voie de presse et au paiement de vingt cinq millions comme dommages et intérêts à Mr Mamadou Oury Baldé et un million de francs guinéens au tribunal, la journaliste Moussa Yéro Bah bénéficie d'un soutien d'une ONG de défense de droits l'homme c'est l'ONG des femmes défenseurs des droits de l'homme.

A travers une conférence de presse ce lundi, 7 janvier 2019 à la maison de la presse, cette structure a rendu publique une déclaration. Déclaration dans laquelle elle dénonce la condamnation de la journaliste.

Voici le contenu de la déclaration :

Déclaration des femmes défenseures des droits de l’Homme suite à la condamnation d’une  activiste en République de Guinée.

Alors que la Guinée continue d’occuper la deuxième place mondiale dans la pratique des Mutilations Génitales Féminines avec un taux de 97%,

Alors que les violences sexuelles sont de l’ordre  de 49,7% et que notre pays a enregistré rien qu’en 2018 plus de 100 cas de viols dont deux viols collectifs suivis de meurtres à Mamou,

Alors qu’en Guinée, trois filles sur cinq se marient avant leur 17ème année,

Alors que les violences domestiques et conjugales ont atteint un taux de prévalence de 85% et touche environ 8 femmes sur 10 mariées ou non,

Alors que la Guinée peine encore à se doter d’une loi portant la protection des défenseurs des Droits humains,

Les Femmes Défenseures des Droits Humains en Guinée ont appris avec consternation la condamnation de Dame Moussa Yéro Bah par le tribunal de première instance de Dixinn, le 03 janvier dernier pour diffamation sur la personne de M. Mamadou Oury Baldé.

Condamnée pour avoir sauvé une vie.

Condamnée pour avoir aidé avec d’autres organisations à obtenir une mise en liberté provisoire pour  une jeune fille en situation difficile qui disait avoir été abusée sexuellement par son oncle et père adoptif.

C’est  un coup dur pour nous activistes des droits de l’homme qui nous battons au quotidien pour le mieux-être des populations guinéennes. Cette condamnation ne nous ébranle point cependant. Nous continuerons ce noble combat au près des victimes de violences de tout genre. Condamnées ou pas, nous mènerons cette lutte, sans jamais fléchir.

Nous alertons ici l’opinion nationale et internationale sur ce qui est en train de ressembler à une persécution d’une activiste dans l’exercice de son double métier de femme défenseure et journaliste.

En tant que légalistes, nous croyons fermement au principe du double degré de juridiction en République de Guinée et espérons que le droit sera dit dans cette affaire.

Mme Moussa Yéro Bah reste et demeure une journaliste et une activiste chevronnée qui force l’admiration et qui travaille avec professionnalisme.

Nous lui renouvelons  ici notre soutien indéfectible face à cette difficile épreuve qu’elle traverse aujourd’hui. Cette situation ne nous ébranlera nullement dans notre engagement pour la lutte contre toutes formes de violences ou de discrimination à l’égard des femmes.

Vive la liberté d’expression !

Vive la justice !

Vivent les femmes !

Ensemble pour la lutte contre les Violences faites aux femmes et aux enfants !


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