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DIRECT - Algérie : le départ de Bouteflika est acté, les Algériens méfiants

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La presse algérienne l'assure : Abdelaliz Bouteflika ne sera plus président d'ici très peu de temps. Mais la période de transition qui s'ouvre est pleine d'incertitudes, de nouvelles manifestations pourraient se tenir dans le pays.


  • L'Algérie est en ébullition : hier, l'armée a annoncé publiquement qu'elle ne soutenait plus le maintien au pouvoir d'Abdelaziz Bouteflika. Le chef de l'état-major algérien a demandé au Conseil constitutionnel de déclarer le président algérien inapte, via l'article 102 de la constitution.
  • Pour TSA Algérie, "le départ de Bouteflika est acté" et "plusieurs changements devraient intervenir rapidement". Si le Conseil constitutionnel affirme solennellement que le président ne peut plus assurer ses fonctions, le Parlement devra valider sa destitution et de nouvelles élections présidentielles seront alors organisées dans le courant de l'été.
  • De nombreux membres de la classe politique algérienne ont réagi, entre soulagement et méfiance. Beaucoup voient d'un mauvais oeil ce recours à l'article 102, et craignent une forme de coup d'État constitutionnel, qui permettrait au régime de muer sans transformation institutionnelle profonde.
  • De nouvelles manifestations pourraient être organisées ce mercredi 27 mars 2019 et cette fin de semaine, de très nombreux Algériens, mobilisés depuis des semaines, comptent mettre la pression sur le régime pour que la transformation du pays ne leur soit pas confisquée

La constitutionnaliste Fatiha Benabbou s'exprimait dans le Monde au sujet du recours à l'article 102 en Algérie. Elle met elle aussi en garde sur la portée et la signification de ce recours demandé par l'armée.

"Ce n’est pas une transition. C’est une succession assurée par un texte constitutionnel [...]. Il permet d’assurer cette succession à la présidence de la République de la meilleure manière possible pour éviter une rupture violente." a-t-elle expliquée.

Elle revendique elle aussi un point de vue partagée par plusieurs Algériens, à savoir qu'"une élection est la seule façon d’éviter de faire perdurer le système de cooptation".

Farid Alilat, journaliste à Jeune Afrique, était invité dans le journal Soir 3mardi 26 mars. Selon lui,

"l'appel du chef d'état-major acte le départ définitif d'Abdelaziz Bouteflika vingt ans après avoir été porté au pouvoir par les généraux". "Cette intervention franche et directe de l'armée dans la crise démontre que l'armée reste la colonne vertébrale du pouvoir en Algérie et joue l'arbitre dans la succession de Bouteflika", a-t-il ajouté.

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L'armée joue en effet un rôle politique important en Algérie, bien qu'elle se soit rapproché du pouvoir depuis le début des années 2000.

La demande du chef d'état-major est donc lourde de sens.

// L'internaute


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