Guinée : l’Union africaine met fin à la suspension de Conakry après la présidentielle de décembre 2025.
L'Union africaine a officiellement réintégré la République de Guinée dans ses instances. Réuni le 22 janvier 2026 à Addis-Abeba, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA a décidé de lever la suspension qui frappait Conakry depuis le changement anticonstitutionnel de septembre 2021, à l'issue de l'examen de l'évolution de la transition politique.
Cette décision a été entérinée lors de la 1325ᵉ réunion du CPS, sanctionnée par l'adoption du communiqué PSC/PR/COMM.1325 (2026).
L'organe africain précise que cette position s'inscrit dans la continuité de ses résolutions précédentes sur la Guinée, notamment celles adoptées en 2021, 2024 et 2025, qui encadraient le processus de retour à l'ordre constitutionnel.
Dans son communiqué, le Conseil réaffirme son attachement aux principes fondateurs de l'Union africaine, en particulier le respect de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'unité nationale de la Guinée. Il renouvelle également sa solidarité envers le peuple guinéen, saluant ses efforts en faveur du constitutionnalisme, de la gouvernance démocratique et de l'État de droit.
Les échanges ont été ponctués par plusieurs interventions de haut niveau, dont celles du président du CPS pour le mois de janvier 2026, l'ambassadeur Jean-Léon Ngandu Illunga, du président de la Commission de l'UA, Mahmoud Ali Youssouf, ainsi que des représentants de la CEDEAO et du ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissada Kouyaté.
Sur le fond, le Conseil de paix et de sécurité s'est dit satisfait des avancés enregistrés dans la mise en œuvre de la feuille de route de la transition. Il estime que ces efforts ont permis l'organisation de l'élection présidentielle de décembre du 28 2025 dans des conditions jugées globalement pacifiques et ordonnées, reflétant, selon l'UA, l'engagement du peuple guinéen en faveur de la démocratie.
Le CPS a par ailleurs exprimé ses félicitations au président guinéen, Mamadi Doumbouya, l'encourageant à poursuivre ses engagements en vue de restaurer la dignité nationale et de consolider les acquis démocratiques.
Tenant compte de ces évolutions, le Conseil a décidé, conformément à l'article 26 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, de mettre fin à la suspension de la Guinée et d'autoriser sa participation immédiate à l'ensemble des activités de l'Union africaine.
L'instance continentale a également apprécié l'accompagnement de la Commission de l'UA tout au long de la transition, notamment à travers la Facilité africaine de soutien aux transitions inclusives (FASTI), les programmes de renforcement des capacités, la mission de solidarité déployée dans le pays et l'envoi d'une mission d'observation électorale lors de la présidentielle. Le rôle de la CEDEAO a également été reconnu pour son appui constant au processus.
S'agissant de la phase post-transition, le CPS a appelé à la poursuite du soutien international afin de consolider la démocratie et la bonne gouvernance. Il a encouragé les autorités guinéennes à renforcer la réconciliation nationale, l'inclusivité politique et à organiser, dans des délais appropriés, les élections législatives restantes pour achever le cycle institutionnel.
Enfin, le Conseil a invité les États membres de l'UA, la CEDEAO, les Nations unies et les partenaires internationaux à maintenir leur appui à la stabilisation et au développement durable de la Guinée. Il a également confié au Centre de l'UA pour la reconstruction et le développement post-conflit la mission d'accompagner la relance économique et de s'attaquer aux causes profondes du changement anticonstitutionnel survenu en 2021.
Par cette décision, l'Union africaine agit le retour progressif de la Guinée sur la scène institutionnelle continentale, tout en rappelant que la consolidation démocratique et la stabilité durable demeurent des priorités essentielles pour l'avenir du pays.
Kogno Célestin Sagno pour 224infos.

