Les Étoiles de l’enseignement franco-arabe : le SNEFAG célèbre l’excellence et plaide pour l’égalité des chances
Le Syndicat national de l’enseignement franco-arabe de Guinée (SNEFAG) a organisé, samedi 29 août 2026, la deuxième édition de la cérémonie « Les Étoiles de l’Enseignement Franco-Arabe ». L’événement a permis de célébrer les meilleurs élèves issus de l’enseignement franco-arabe et de l’enseignement général, tout en mettant en lumière les défis auxquels reste confronté ce sous-secteur éducatif.
Dans une ambiance de célébration et de reconnaissance du mérite, élèves, enseignants, encadreurs, fondateurs d’établissements scolaires et représentants du mouvement syndical et du système éducatif guinéen se sont réunis autour d’un même objectif : promouvoir l’excellence et valoriser les compétences issues de l’enseignement franco-arabe.
Pour les organisateurs, cette initiative vise avant tout à encourager les jeunes à poursuivre leurs efforts et à démontrer que l’enseignement franco-arabe peut également produire des cadres compétents dans tous les domaines de la vie nationale.
Des récompenses pour encourager le mérite
La cérémonie a également été marquée par la remise de plusieurs récompenses aux meilleurs élèves. Les récipiendaires ont reçu notamment des trophées, des satisfecit, des bourses d’études ainsi que divers cadeaux.
Au-delà de ces distinctions, les organisateurs ont mis en place un programme de mentorat destiné à accompagner les lauréats dans la poursuite de leur parcours académique et professionnel.
Cette initiative vise à offrir aux jeunes distingués un suivi et des conseils pour leur permettre de mieux orienter leur avenir et de poursuivre leur ambition au-delà des résultats obtenus aux examens nationaux.
« Promouvoir le secteur et célébrer l’excellence »
Le secrétaire général du SNEFAG, Dr Ibrahima Mensaré, a expliqué que cette cérémonie s’inscrit dans le cadre de la célébration des lauréats des différents examens nationaux.
Selon lui, le syndicat a jugé nécessaire de créer un cadre de reconnaissance pour encourager les élèves et promouvoir un secteur qui, selon ses responsables, continue de faire face à des préjugés.
« Nous avons décidé, en tant que syndicat, de nous battre d’abord pour promouvoir le secteur et surtout pour célébrer l’excellence », a-t-il déclaré.
Dr Ibrahima Mensaré estime que l’enseignement franco-arabe souffre encore d’une perception réductrice dans la société guinéenne.
« Nous sommes victimes de stéréotypes et de préjugés », a-t-il regretté, avant de rappeler que de nombreux produits de ce système évoluent aujourd’hui dans plusieurs secteurs, notamment l’administration, l’enseignement supérieur, les finances, les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle.
Pour lui, réduire l’enseignement franco-arabe à sa seule dimension religieuse ne reflète pas la diversité des compétences et des parcours de ses diplômés.
Le responsable syndical a également insisté sur la nécessité de déconstruire ces préjugés, notamment à travers une meilleure visibilité des réussites issues de ce système éducatif.
Les lauréats réclament les mêmes opportunités
Moment fort de la cérémonie, la prise de parole des lauréats a permis de porter publiquement certaines préoccupations liées à la poursuite des études après le baccalauréat.
Au nom des élèves et des lauréats du système franco-arabe, Aboubacar Sidiki Bangoura, classé quatrième de la République en sciences expérimentales, a salué l’accompagnement des parents, enseignants et encadreurs qui ont contribué à la réussite des élèves.
« Cette réussite est le fruit de plusieurs années de travail, de sacrifice, de prière, mais aussi des encouragements et de l’accompagnement constant de nos parents, de nos anciens et de nos encadreurs », a-t-il affirmé.
Mais au-delà de la célébration, le jeune lauréat a plaidé pour une meilleure égalité des chances entre les élèves issus du système franco-arabe et ceux de l’enseignement général.
Les lauréats souhaitent notamment pouvoir accéder aux mêmes concours et programmes d’excellence, parmi lesquels les classes préparatoires et certains établissements d’enseignement supérieur de référence.
« Nous ne demandons pas un privilège. Nous demandons l’égalité des chances : l’égalité des chances de concourir, de démontrer notre niveau, de construire notre avenir et de contribuer demain au développement de la Guinée », a insisté Aboubacar Sidiki Bangoura.
Les jeunes diplômés souhaitent ainsi pouvoir devenir ingénieurs, scientifiques, chercheurs, médecins, économistes ou cadres dans différents secteurs, indépendamment de la filière dans laquelle ils ont effectué leur parcours scolaire.
L’arabe, « un atout stratégique » pour la Guinée
Parrain de cette deuxième édition, Dr Mohamed Lamine Savané a, quant à lui, mis l’accent sur la contribution de la jeunesse guinéenne arabophone au développement du pays.
Selon lui, la langue arabe représente une richesse culturelle, civilisationnelle, mais également professionnelle et stratégique pour la République de Guinée.
« La langue arabe n’est pas uniquement une langue pour pratiquer la religion. C’est aussi une grande langue internationale, diplomatique, culturelle, scientifique et économique », a-t-il souligné.
Le parrain de la cérémonie a rappelé que de nombreux Guinéens arabophones travaillent aujourd’hui dans l’administration, les représentations diplomatiques et consulaires, les organisations internationales, l’enseignement, la traduction, l’interprétation ainsi que dans différents secteurs économiques.
Il a toutefois invité les jeunes issus de l’enseignement franco-arabe à diversifier davantage leurs compétences.
Maîtriser le français, les outils informatiques, les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle, en plus de l’arabe, constitue selon lui un avantage considérable dans un monde de plus en plus compétitif et marqué par la transformation numérique.
« Imaginez un jeune Guinéen qui maîtrise l’arabe, le français, l’anglais et l’informatique, tout en possédant une véritable compétence professionnelle. Ce jeune devient une richesse extraordinaire pour son pays », a-t-il déclaré.
« Ne baissez pas les bras »
Également invité à la cérémonie, Elhadj Thierno Nouhou Diallo, lui-même issu de l’enseignement franco-arabe, a appelé les élèves à ne pas se laisser décourager par les difficultés
Pour lui, la meilleure réponse aux préjugés reste le travail, la compétence et la persévérance.
« Si on parle d’étoiles, c’est parce qu’elles doivent briller. Je conseille donc à ces élèves de continuer à briller, parce que c’est le travail qui montrera la pertinence et la compétence de chacun dans la vie professionnelle », a-t-il lancé.
Il a rejeté toute idée de ségrégation entre les différentes filières d’enseignement et appelé les jeunes issus des écoles franco-arabes à ne pas se considérer comme des victimes.
« Tout ce que les autres peuvent faire pour le pays, nous pouvons également le faire. La langue arabe ou toute autre formation constitue simplement un atout supplémentaire », a-t-il soutenu.
Elhadj Thierno Nouhou Diallo a également estimé que les efforts doivent se poursuivre afin que les élèves issus de toutes les filières puissent, à terme, bénéficier des mêmes possibilités et concourir sur un pied d’égalité.
Une cérémonie pour changer les regards
À travers « Les Étoiles de l’Enseignement Franco-Arabe », le SNEFAG entend donc faire de la célébration des meilleurs élèves un instrument de promotion et de valorisation de ce sous-secteur.
Au-delà des trophées, satisfecit, bourses et autres cadeaux remis aux récipiendaires, cette deuxième édition aura surtout permis de remettre au centre du débat la question de l’égalité des chances, de l’accès aux formations d’excellence et de la reconnaissance des compétences issues de l’enseignement franco-arabe.
Le programme de mentorat annoncé vient également prolonger cette dynamique en offrant aux lauréats un accompagnement dans leur parcours académique et professionnel.
Pour les organisateurs comme pour les lauréats, le message est clair : l’origine scolaire d’un élève ne devrait pas constituer un obstacle à son ambition.
Les « étoiles » célébrées samedi ambitionnent désormais de briller bien au-delà de leur système éducatif d’origine et de prendre toute leur place dans la construction de la Guinée de demain.
Kogno Célestin Sagno pour 224infos

