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Situation socio-politique en Guinée : Dr Alya Diaby se prononce.

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La situation sociopolitique actuelle de la Guinée reste toujours une préoccupation pour les acteurs de la vie politique, les citoyens du pays et aussi les défenseurs des droits de l'homme.

Sur le sujet, notre rédaction a interrogé ce mardi, 06 novembre 2018,  à Conakry, le président de l'INIDH. Dr  Alya Diaby regrette tout le désastre causé en Guinée par les manifestations politiques. Il en appelle à la responsabilité de chacun pour le maintien de la paix et la quiétude sociale dans le pays.

La République de Guinée affiche depuis quelques temps un tableau très noir sur le plan politique. Des journées villes mortes, des marches organisées, des vives tensions entre manifestants et forces de l'ordre, des affrontements entre militants des partis politiques à travers tout le pays, sans oublier des dégâts matériels enregistrés et des morts d'hommes lors des manifestations. Une situation qui sans doute interpelle aujourd'hui chaque citoyen du pays. Déjà, le président de l'institution nationale indépendante des droits humains porte un regard déplorable sur cette situation

«  Nous constatons qu'il y'a des dérapages lors des manifestations. Et que c'est une situation qui doit être regrettée. Nous regrettons essentiellement les conséquences de ces manifestations d'un point de vue d'ensemble. Et nous demandons à ce que les responsabilités soient situées à l'issue d'enquête sérieuse et s'il y'a des sanctions, qu'elles soient effectives », a fait savoir Dr Alya Diaby.

Depuis 2011 jusqu'à maintenant, l’opposition guinéenne a enregistré 98 morts lors de ses manifestations politiques. En s'abstenant de tout commentaire à caractère politique, le président de l'INIDH condamne cet état de fait et précise que le chiffre ne compte  pas assez, mais la valeur humaine

«  Le plus important ce n’est pas dans le chiffre. Dès qu'il y'a un être humain dont la vie est atteinte, il y'a déjà violation des droits de l'homme. La vie humaine est tellement importante. Atteindre à la vie d'un être humain, c'est comme atteindre à toute l'humanité », a-t-il précisé.


À l'allure que vont les choses en Guinée, l'institution nationale indépendante des droits humains dans sa démarche de promotion et de protection des droits de l'homme exige l'application et le respect de la loi aux parties concernées

«  La première des choses, c'est de demander à tout le monde de jouer son rôle. Ces manifestations-là se déroulent dans le cadre de la liberté de manifestations qui est garantie par la constitution. Mais notre constitution dit que les libertés s'exercent dans le respect de la loi. Ça veut dire que nous demandons aux parties l'application et le respect de la loi sur le maintien d'ordre », a lancé Alya Diaby.

Depuis le mois de juillet 2018, les manifestations  sont interdites en Guinée par les autorités. Pour le président de l'INIDH, il n'y a aucun texte de loi interdisant définitivement les manifestations. Par contre, il précise

« lorsqu'une manifestation précisée peut apporter des troubles à l'ordre public, il est dans la loi sur le maintien d'ordre que l'autorité administrative peut interdire une manifestation dans un temps déterminé », a conclu notre interlocuteur.

Yamoussa Cheick Camara 224infos.org


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