Procès du 28 septembre 2009 : la défense de Bienvenue LAMAH pointe des « certificats médicaux falsifiés »
Les avocats du Colonel Bienvenue LAMAH, actuellement détenus à la Maison centrale de Conakry, ont probablement alerté le 23 février 2026 le Procureur général près de la Cour d'appel de Conakry. Dans leur courrier, ils dénoncent des « faits de nature délictuelle susceptibles de fausser le cours du procès » relatifs aux événements du 28 septembre 2009.
Des certificats médicaux remis en question
La défense s'est particulièrement penchée sur le cas de Bangaly Diane, partie civile affirmant avoir été blessée par balle lors des manifestations. Selon les conseils du Colonel LAMAH, le rapport médical présenté par M. Diane, établi à l'Hôpital National Ignace Deen, comporte une incohérence notable.
« Le document indique textuellement : « Le patient déclare que c'est le 15/04/2008 qu'il a reçu une balle de guerre dans le genou gauche » », notent les avocats. Pourtant, à l'audience, le plaignant a soutenu avoir été blessé le 28 septembre 2009, soit plus d'un après la date mentionnée dans le certificat. La défense considère cette divergence comme une « tentative d'escroquerie au jugement ».
Anachronismes et incohérences documentaires
Les conseils de LAMAH pointent également des anomalies dans des documents attribués à la Polyclinique de Dixinn. Certains certificats datés de 2009 comportent des numéros de téléphone à neuf chiffres, avec les préfixes 622 et 625, alors que la réforme nationale du plan de numérotation n'a été mise en œuvre qu'en avril 2013.
De plus, la Polyclinique de Dixinn n'était pas encore officiellement créée à l'époque indiquée sur les documents. Pour les avocats, « la simultanéité de ces anomalies laisse supposer une confection postérieure des pièces ».
Divergences graphiques suspectes
Autre point soulevé par la défense : des certificats médicaux émanant du CHU de Conakry présentent des têtes et identités graphiques très différentes, alors qu'ils sont censés provenir d'une seule administration. Les avocats estiment que cette « absence d'uniformité » constitue « un indice sérieux de fabrication artisanale et séparée de documents falsifiés ».
Une demande de poursuites et d'enquête
S'appuie sur les articles du Code pénal relatifs à la tentative d'escroquerie au jugement, au faux et usage de faux et aux faux certificats médicaux, la défense du Colonel LAMAH demande au Procureur général
l « d'ordonner l'ouverture immédiate d'une enquête » et que les pièces contestées soient « placées sous-main de justice en vue de poursuites pénales contre leurs auteurs et complices ».
À ce jour, aucune réaction officielle du parquet n'a été communiquée. Le procès des événements du 28 septembre 2009 se poursuit devant le Tribunal criminel de Dixinn à Conakry.
Kogno Célestin Sagno pour 224infos

