TPI de Dixinn : la détention de Hadiatou Bah, Saad le Provocateur et Sopra Alpha confirmée après appel du parquet
Au Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn, le dossier impliquant l'artiste, connu sous le nom de scène Hadya, ainsi que les créateurs de contenu alias Saad le Provocateur et alias Sopra Alpha, ont connu un nouveau rebondissement judiciaire.
Inculpés dans une affaire mêlant diffamation, proxénétisme présumé et atteinte à l'ordre public via des systèmes informatiques, les trois prévenus restent en détention, malgré une brève ouverture en faveur d'une libération provisoire.
En effet, lors de l'audience tenue mercredi, le président du tribunal avait initialement accédé à la demande de la défense, en ordonnant leur mise en liberté sous contrôle judiciaire. Une décision qui n'aura été que de courte durée : le parquet a immédiatement interjeté appel, suspendant ainsi l'exécution de cette mesure et maintenant les mis en cause en prison.
Cette volte-face a provoqué une réaction vive du côté des avocats. Pour Me David Béravogui, conseil de la défense, cette situation traduit une incompréhension du cadre procédural et une atteinte aux droits de ses clients. Il estime que la durée de la détention provisoire, désormais supérieure à quatre semaines, pose problème au regard des dispositions du Code de procédure pénale, notamment dans le cadre d'une procédure de flagrant délit.
Sur le fond, la défense conteste fermement la solidité des accusations. Concernant l'artiste, l'avocat soutient que l'usage d'un pseudonyme ne saurait constituer une infraction, rappelant qu'il s'agit d'une pratique courante dans le milieu artistique international. Il remet également en cause les accusations de proxénétisme, qu'il juge dépourvues de preuves tangibles, en l'absence du plaignant ou de la victime identifiée.
S'agissant des créateurs de contenu, la défense considère leur maintien en détention comme injustifié, estimant que les poursuites engagées sur la base de la loi relative à la cybercriminalité et de certaines dispositions du Code pénal ne sont pas adaptées à leur statut et à la nature des faits reprochés. Me Béravogui va jusqu'à dénoncer un dossier qu'il qualifie de juridiquement fragile, appelant le parquet à reconsidérer sa position.
Dans l'attente de la suite de la procédure, le tribunal a décidé de renvoyer l'affaire, en raison de la multiplicité des dossiers inscrits au rôle. Les débats reprendront lors de la prochaine audience, prévue pour mercredi prochain.
Kogno Célestin Sagno pour 224infos

