Afrique du Sud : face à la montée de la xénophobie, 269 Nigérians rentrent au pays
Un groupe de 269 ressortissants nigériens a regagné Lagos mardi dans le cadre d'une opération de rapatriement organisée par les autorités de leur pays. Ce retour intervient dans un contexte de fortes tensions en Afrique du Sud, marqué par une recrudescence des manifestations hostiles aux immigrés et l'expiration d'un ultimatum lancé par des mouvements exigeant le départ des étrangers en situation irrégulière.
À leur descente d'avion, les personnes rapatriées ont été prises en charge par les services compétents. Elles ont notamment été enregistrées, soumises à un contrôle sanitaire et orientées vers un centre d'accueil temporaire où un accompagnement leur est proposé avant leur réinsertion auprès de leurs familles.
Plusieurs d'entre elles évoquent un climat d'insécurité devenu insupportable. Installée en Afrique du Sud depuis plusieurs années, Emmanuela Kagusu raconte avoir vécu sous la menace permanente. Selon son témoignage, les étrangers étaient régulièrement sommés de quitter les lieux, sous peine de représailles. De son côté, Sandy Orace affirme avoir perdu son activité après le pillage de son commerce, avant que son domicile ne soit également pris pour cible quelques années plus tard, le poussant à abandonner définitivement le pays.
Les autorités nigérianes suivent de près l’évolution de la situation. Le directeur des affaires africaines au ministère des Affaires étrangères, l'ambassadeur Haruna Ali-Gombe, a indiqué que les discussions diplomatiques se poursuivront avec Pretoria afin d'exprimer les préoccupations d'Abuja concernant la protection de ses ressortissants. Il a toutefois rappelé que ces événements relèvent de la souveraineté sud-africaine.
Cette nouvelle opération de rapatriement intervient moins d'un mois après le retour de 258 Nigérians. Elle survient alors que l'Afrique du Sud connaît une nouvelle vague de mobilisation contre l'immigration clandestine. Des milliers de manifestants ont défilé mardi dans plusieurs villes, un mouvement d'une ampleur inédite depuis les violences xénophobes de 2008. Les organisateurs estiment que l'immigration irrégulière aggrave le chômage, la criminalité et la pression sur les services publics. Le gouvernement sud-africain a, pour sa part, rejeté l'ultimatum des manifestants, réaffirmant que seule l'autorité de l'État est habilitée à appliquer les lois relatives à l'immigration.
224infos avec Africanew