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Subvention publique à la presse : la HAC annonce un durcissement des règles.

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Le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a annoncé un changement de cap dans la gestion de la subvention de l'État accordée aux médias guinéens. Invité de l'émission « Entretien » sur Kaback TV, ce jeudi 22 janvier 2026, le régulateur a dressé un constat sévère des pratiques observées ces dernières années, tout en appelant à une réforme profonde du secteur.

Selon lui, l'aide financière destinée à soutenir les entreprises de presse a, au fil du temps, été détournée de son objectif initial.

« On avait déjà remarqué que quand les gens recevaient la subvention, alors qu'ils étaient à pied la veille, le matin ils étaient dans un véhicule, le patron », at-il déclaré, dénonçant une utilisation personnelle de fonds publics censée améliorer les conditions de travail des journalistes.

Boubacar Yacine Diallo estime que ces dérives sont liées à l'absence de véritables entreprises de presse structurées. Il déplore une confusion des rôles au sein de nombreux médias, où une seule personne cumule toutes les fonctions.

« Il est patron, il est financier, il est comptable, il est billeteur, il est tout », regrette-t-il, remarquable que cette situation alimente la précarité et prive les journalistes de toute protection sociale.

Pour le président de la HAC, la professionnalisation du secteur passe essentiellement par la création d'entités de presse formelles, capables de respecter le droit du travail.

« Il faut que les gens créent des entités (…) vous recevez un salaire qui a été fixé ; qu'il soit bon ou mauvais, vous avez un salaire. Si votre salaire n'est pas payé, vous pouvez utiliser au tribunal du travail », a-t-il insisté, tout en déplorant l'absence de contrats dans plusieurs organes de presse.

Sur le plan des réformes, Boubacar Yacine Diallo annonce des exigences qui s'accumulent à partir de l'année prochaine. Les médias bénéficiaires fourniront désormais des justificatifs détaillés de l'utilisation des fonds reçus avant de pouvoir prétendre à une nouvelle subvention. Une condition qui, selon lui, explique le retard constaté cette année dans le paiement de l'aide publique.

« Ils n'ont pas été capables de dresser le rapport de leurs dépenses. La presse dénonce les corrompus, mais elle a du mal à justifier ses dépenses », at-il fait remarquer, tout en qualifiant cette nouvelle démarche de nécessaire.

Autre point majeur : la régularité administrative deviendra un critère déterminant. Les médias non enregistrés ou en infraction fiscale seront tout simplement exclus du dispositif.

« Celui qui n'est pas inscrit au registre du commerce, celui qui ne paie pas le fisc, qu'il ne bénéficie pas de la subvention », a tranché le président de la HAC, indiquant que cette orientation sera proposée à la future équipe dirigeante de l'institution.

À travers ces annonces, la Haute Autorité de la Communication entend assainir le paysage médiatique guinéen et poser les bases d'une presse plus professionnelle, crédible et économiquement viable.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos.


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