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Médias en Guinée : la HAC passe à l’offensive contre les médias non autorisés

yassinediallokindia

La Haute Autorité de la Communication (HAC) veut mettre de l’ordre dans le paysage médiatique guinéen. L’institution a lancé, ce lundi 5 octobre à Kindia, une campagne nationale destinée à rappeler aux promoteurs et professionnels des médias les règles qui encadrent la création et le fonctionnement des différents organes de presse.

La démarche intervient alors que le nombre de médias présents sur les plateformes numériques ne cesse de croître. Pour la HAC, cette expansion s’accompagne également d’une confusion autour du statut de certaines structures, notamment les Web TV et les médias en ligne qui proposent des contenus audiovisuels.

Présidée par le patron de l’institution, Boubacar Yacine Diallo, la cérémonie de lancement a donné le coup d’envoi d’une opération qui doit s’étendre à l’intérieur du pays. Les commissaires de la HAC seront déployés dans les 33 préfectures ainsi que dans les nouvelles préfectures, afin d’échanger directement avec les acteurs du secteur.

Mettre fin à la confusion autour des Web TV

Pour le président de la HAC, la situation actuelle nécessite une clarification. Il estime qu’une partie des jeunes entrepreneurs des médias assimile à tort toute plateforme diffusant des vidéos sur internet à une Web TV.

« Mes collègues et moi avons constaté depuis quelques mois un vrai désordre qui s’est instauré. Beaucoup de jeunes ont eu une mauvaise compréhension de la notion de Web TV », a déclaré Boubacar Yacine Diallo.

La campagne vise donc, dans un premier temps, à expliquer aux professionnels leurs obligations et les procédures à respecter avant la création ou l’exploitation d’un média.

Mais la HAC ne compte pas limiter ses échanges aux seuls journalistes et responsables d’organes de presse. Les autorités administratives, communales et religieuses sont également concernées.

L’institution souhaite notamment les sensibiliser afin qu’elles évitent de faire appel à des médias qui ne disposent pas des autorisations requises.

« Il s’agit de leur expliquer la dynamique d’assainissement des médias et de solliciter leur concours, chacun en ce qui le concerne, de ne pas recourir aux services de Web TV non autorisés ou de tout autre média non autorisé, de ne pas recourir aux services des communicants à la place des professionnels », a précisé le président de la HAC.

Une opération de sensibilisation avant l’application des textes

Dans les préfectures, les commissaires auront pour mission d’expliquer les différentes procédures légales, mais aussi d’échanger avec les promoteurs et recueillir leurs préoccupations.
La HAC assure que cette initiative ne se résume pas à une opération de sanctions. Elle entend également favoriser l’émergence de médias professionnels et contribuer à la création d’emplois dans le secteur.

« Notre objectif principal, c’est d’encourager la liberté d’expression, d’encourager l’emploi jeune, mais en même temps faire appliquer la loi dans toute sa rigueur », a insisté Boubacar Yacine Diallo.

Web TV et presse en ligne : deux statuts différents

L’un des principaux axes de cette campagne concerne la distinction entre une Web TV et une presse en ligne visuelle.

La HAC estime que cette différence est encore mal comprise par plusieurs acteurs du secteur.

« Toutes les catégories sont ciblées, mais principalement nous insisterons sur deux notions : la notion de Web TV et la presse en ligne visuelle », a indiqué le président de l’institution.

Selon les explications fournies par la HAC, une Web TV est considérée comme une télévision diffusant essentiellement par internet. Sa création nécessite une autorisation du ministère de la Communication, après avis de la HAC.

À l’inverse, une presse en ligne visuelle peut proposer des articles, des photographies et, au besoin, des contenus vidéo. Elle relève du régime applicable à la presse en ligne et à la presse écrite, avec une déclaration auprès du procureur.

À travers cette campagne, la HAC veut donc amener les acteurs du secteur à mieux maîtriser le cadre légal qui régit leurs activités.
Après la phase de sensibilisation, l’institution entend désormais veiller au respect des textes.

Une démarche qui pourrait entraîner une surveillance accrue des médias numériques, particulièrement des Web TV exerçant sans autorisation, tout en affirmant vouloir préserver la liberté d’expression et encourager le développement d’une presse professionnelle en Guinée.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


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