En ligne (connectés) : 0 51

Coût de l’Internet en Guinée : Rose Pola Pricemou tente de calmer la polémique.

Rose-Pola-Pricemou-1140x570
La récente sortie du ministre des Postes, Télécommunications et de l'Économie numérique sur le coût de l'Internet en Guinée a suscité une vague de critiques sur les réseaux sociaux. Accusée d'être déconnectée des réalités quotidiennes des usagers, Rose Pola Pricemou est sortie de son silence à travers un message publié sur sa page Facebook, dans laquelle elle tente de clarifier ses propositions et d'apaiser les tensions.
S'adressant directement aux citoyens, la ministre reconnaît l'ampleur des réactions suscitées par un extrait de son intervention devenu viral :
« Chers compatriotes, je tiens aujourd'hui à m'adresser à vous. Depuis quelques jours, un extrait de mon intervention sur la question du coût de l'Internet en Guinée suscite de nombreuses réactions. Je les lis. Je les vois. Et je comprends ce qu'elles traduisent. »

Elle rappelle d'emblée que l'accès à Internet est désormais essentiel dans la vie moderne, bien au-delà du simple confort :
« L'Internet n'est plus un luxe. C'est devenu un besoin vital : pour travailler, apprendre, entreprendre et rester connectés au monde. Je sais combien l'accès à une connexion Internet stable et abordable compte dans notre quotidien, pour les familles, les jeunes, les entrepreneurs, les étudiants. »
Face aux critiques, Rose Pola Pricemou précise le contexte dans lequel ses propositions ont été tenues. Selon elle, il s'agissait d'un exercice de bilan annuel et non d'une négation des difficultés vécues par les usagers :
« Mon propose s'inscrivait dans le cadre du bilan 2025, où je présenteais le travail engagé pour transformer en profondeur notre secteur numérique. En évoquant le positionnement de la Guinée, la référence est faite à des indicateurs économiques internationaux qui prennent en compte le coût de l'Internet rapporté au PIB par habitant. […] Mais je tiens à le souligner : un indicateur ne remplace jamais ce que vous vivez chaque jour. »
La ministre met ensuite en avant les efforts consentis par l'État au cours de l'année 2025 pour renforcer les infrastructures numériques et réduire les coûts :
« Le déploiement de 12 000 km de fibre optique, la multiplication par quatre de la capacité du backbone national, le renforcement de l'interconnexion sous-régionale, […] le lancement de notre Datacenter national et l'opérationnalisation du point d'échange et du nom de domaine .GN. »
Selon elle, ces investissements ont déjà permis une baisse notable des prix, du moins au niveau du marché de gros :
« Ces efforts ont déjà permis d'enregistrer une baisse d'environ 25 % du coût de l'Internet cette année, et près de 50 % entre 2021 et 2025 du coût de gros. Ce sont des avancées réelles. Mais je sais aussi que leurs effets ne se ressentent pas encore partout avec la même intensité. »
Sur le volet social et éducatif, la ministre cite plusieurs programmes visant à démocratiser l'accès au numérique :
« Plus de 10 000 personnes ont été formées aux usages du numérique. […] 585 écoles primaires ont été connectées à Internet via le projet GIGA, avec l'ambition d'atteindre 2 200 écoles en 2026 pour plus de 900 000 bénéficiaires. »
Elle évoque également les actions en faveur de l'entrepreneuriat et de l'innovation, ainsi que la reconnaissance croissante de la Guinée sur la scène technologique africaine :
« Parallèlement, la Guinée affirme désormais sa place sur la scène technologique africaine et internationale, avec des reconnaissances historiques qui témoignent du chemin parcouru. »
Consciente que ces annonces peinent encore à convaincre une partie de l'opinion, Rose Pola Pricemou conclut sur une ton d'écoute et d'engagement :
« Je suis pleinement conscient que les défis subsistent. Et je comprends l’impatience. […] Je vous lis. Je vous entends. Et je reste profondément engagé à servir cette ambition : bâtir un secteur des télécommunications performant, au service de tous les Guinéens. »
Malgré ces clarifications, le débat sur le coût réel et la qualité de l'Internet en Guinée reste entier, alimenté par les attentes fortes d'une population de plus en plus dépendante du numérique.
Kogno Célestin Sagno pour 224infos.

A propos de l'auteur :