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Cellou Dalein Diallo dénonce une crise politique nourrie par le refus du dialogue.

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Dans un entretien accordé à RFI, Cellou Dalein Diallo a livré une analyse sans détour de la situation politique guinéenne. D'un ton calme, presque détaché, l'opposant historique dresse pourtant un tableau préoccupant de l'évolution du pays, qu'il estime enfermé dans une logique de confrontation évitable.

Selon lui, l'origine de cette crise prolongée tient à un choix fondamental : l'absence de volonté de dialogue de la part des autorités. Une position qu'il affirme avoir toujours combattue par une approche opposée.

« Moi, j'ai toujours prôné le dialogue pour éviter ce qui nous est arrivé », rappelle-t-il,

insistant sur la constance de sa démarche. Pour Cellou Dalein Diallo, le dialogue n'a jamais été un simple outil tactique, mais une option politique assumée, destinée à prévenir les tensions et à préserver la stabilité nationale.

À travers ses propos, il laisse entendre qu'une autre trajectoire était possible pour la Guinée. Une trajectoire faite d'échanges, de compromis et de débats, plutôt que de violences et de crispations. Mais cette ouverture, dit-il, n'a jamais trouvé d'écho favorable.

« Malheureusement, ils ne l'ont jamais accepté, ils ont plutôt réprimé toutes les voix discordantes », regrette-t-il.

Le terme est fort et chargé de sens. En parlant de répression, l'ancien Premier ministre fait référence à une série d'événements qui ont profondément marqué l'opinion : restrictions des libertés, arrestations d'opposants, étouffement des manifestations et réduction des espaces d'expression politique.

Malgré ce constat sévère, Cellou Dalein Diallo ne ferme pas la porte. Au contraire, il réaffirme sa disponibilité, tout en posant des conditions claires à toute éventuelle discussion.

« Moi, je suis partisan du dialogue. Si c'est pour discuter du retour effectif à l'ordre constitutionnel, pour restaurer les libertés publiques, pour assurer la protection des droits humains, je serais ouvert. »

Cette déclaration trace une ligne nette : le dialogue, oui, mais pas à n'importe quel prix. Pour lui, il ne peut être crédible que s'il s'inscrit dans une dynamique de restauration de l'État de droit et de respect des principes démocratiques fondamentaux.
Derrière ses mots, se dessine l'image d'un pays en quête de réconciliation politique, mais bloquée par un déficit de confiance. L'opposant plaide pour une reconnaissance des dérives passées et pour un processus politique capable de redonner l'espoir aux citoyens.

Sans emportement ni excès de langage, Cellou Dalein Diallo exprime une forme de fatigue politique, mêlée à une lucidité assumée. Celle d'un acteur qui affirme avoir tendu la main à plusieurs reprises, et qui observe aujourd'hui les conséquences d'un dialogue resté lettre morte.

Pour lui, le dialogue n'est ni un slogan ni une posture. C'est une exigence essentielle. Et tant que cet espace ne sera pas véritablement ouvert, prévient-il en filigrane, la Guinée risque de demeurer prisonnière d'une confrontation stérile, sans véritable horizon de sortie de crise.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos.

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