En ligne (connectés) : 0 86

Mali : la Cour d’appel confirme la condamnation de l’ex-Premier ministre Moussa Mara

Capture d'écran

Au Mali, la justice a maintenu la peine prononcée contre l'ancien Premier ministre Moussa Mara. La Cour d'appel a rendu son verdict ce lundi matin, confirmant la condamnation à deux ans de prison, dont une ferme, assortie d'une amende de 500 000 francs CFA.

Incarcéré depuis le 1er août, Moussa Mara avait été reconnu coupable, fin octobre, des infractions d'« atteinte au crédit de l'État » et d'« opposition à l'autorité légitime ». Ces accusations font suite à une publication sur les réseaux sociaux, dans laquelle l'ancien chef du gouvernement affirmait vouloir se « battre par tous les moyens » afin que « le soleil succède à la nuit », un message interprété par la justice comme subversif.

Malgré l'examen en appel, la juridiction n'a pas infléchi sa position.

Les avocats dénoncent une décision « déraisonnable »

La réaction de la défense ne s’est pas fait attendre. L'un des avocats de Moussa Mara fustige une décision qu'il qualifie sans détour de « déraison » et d'« acharnement gratuit ».

Il annonce toutefois que le combat judiciaire se poursuit :

« Il reste une voie de recours possible : nous allons nous pourvoir en cassation. »

Le collectif d'avocats, dirigé par Maître Mountaga Tall, conteste fermement le fond du dossier. Selon eux, aucun élément matériel ne permet d'établir la commission d'un délit, et cette décision constitue, à leurs yeux, une atteinte manifeste à la liberté d'expression.

Un homme calme, un dossier jugé politique

Présent lors du délibéré, Moussa Mara est resté impassible, selon plusieurs témoins. Une attitude qui n'étonne pas ses proches.

« C'est le contraire qui l'aurait surpris », confie un responsable de son parti Yelema, aujourd'hui dissous comme l'ensemble des formations politiques du pays.

Puis il déclare :

« Il demeure serein et souhaite que le combat pour les libertés se poursuive. »

Du côté de son entourage, le verdict était largement anticipé.

« Il n'y a aucune surprise, c'est un dossier politique », estime un proche de l'ancien Premier ministre, visiblement amer.

Avant de conclure, avec colère :

« La justice malienne se ridiculise encore davantage aux yeux du monde. »

Déjà détenu depuis plus de six mois, Moussa Mara devra donc purger encore plusieurs mois de prison, dans un contexte politique et judiciaire toujours plus tendu au Mali.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


A propos de l'auteur :