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La Guinée et l’impérieuse nécessité de réconciliation nationale, une complexité (par Ousmane Camara)

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Un conflit commun, des représailles violentes, la ségrégation et encore : ces travers disparaissent difficilement dans les cœurs. La mélancolie que ces drames engendrent et les interrogations, sans réponse qu’ils génèrent, occupent certains grands esprits, notamment des écrivains. Ces drames habitent l’esprit des victimes et des témoins,  les fils et petit-fils de ces derniers et cela, de génération en génération. Nous ne pourrons effacer notre histoire, elle nous suit à jamais comme une cicatrice de plaie sur le genou.

« Nous ne vivons pas seulement à notre époque. Nous portons toute l’histoire avec nous ». Cette citation du philosophe norvégien Jostein Gaarder, tirée de son célèbre ouvrage « Le monde de Sophie »

met en lumière, l’idée d’après laquelle chaque guinéen, qui qu’il soit,  ne saurait ignorer la profondeur. Une des prérogatives de toute nation, dont le passé a été marqué par des violations des droits de l’homme, est de regarder l’histoire en considérant ses sources profondes,  d’interpeler les responsables de violation des droits humains,  de donner la priorité à la justice.

La Guinée et les régimes de violences

L’étude de l’histoire sociopolitique de la Guinée depuis l’avènement de l’indépendance, illustre que celle-là a été fréquemment associée à des actes de violation des droits de l’homme. Les violences à caractère ethnique ainsi les violences basées sur le genre pâtissent dans le pays. Cette situation a généré une rupture des rapports d’équilibre entre les gouvernants et les gouvernés. Or, le développement de la Guinée passe obligatoirement par une paix sociale et une nette entente entre les autorités et les citoyens.

Ainsi, dans un contexte de fête nationale prévue le 2 octobre prochain, quelques questions demeurent : comment oublier l’histoire douloureuse de la Guinée quand s’apprête à fêter notre indépendance avec des morts qui n’ont jusqu’ici pas bénéficié de justice ? Comment avoir confiance à une autorité quand elle n’accorde pas de crédit à de telles choses ? Pour une vraie réconciliation nationale, il convient de tenir compte de toutes les opinions favorables ou non aux autorités, cela permettra d’ouvrir la voie du pardon et de la vérité.

Le CNRD et ses efforts sur le ton de la diversion

Après le coup d’État du 5 septembre, nous avons retenu que le Cnrd est venu pour réconcilier les Guinéens et redonner à la Guinée ses lettres de noblesse. Cela était bien visible dans les missions que sont assignées aux militaires à savoir : la sauvegarde de l’intégrité du territoire national et la sécurité des personnes et de leurs biens ; la refondation de l’État pour bâtir des institutions fortes, crédibles et légitimes garantissant un État de droit ; un processus démocratique inclusif, apaisé et durable, gage d’un développement social, économique et culturel, effectif ; l’engagement de réformes majeures sur les plans économique, politique, électoral et administratif.

Pour toutes ces raisons, le CNRD doit être vigilant face à l’histoire du pays, pour faire des ajustements avec flexibilité et réalisme pour que chacun de ses actes soit en parfaite harmonie avec ses engagements et le contrat social scellé le 5 septembre 2021 avec les Guinéens.

L’objectif ultime est de changer positivement notre chère nation, d’en faire un pays calme sans violences, une nation démocratique fondée sur le pardon, le vivre-ensemble. Il s’agit là d’un défi qui exige un serment à chaque Guinéen au-delà de toute obédience ethnique, politique ou religieuse pour faire de notre pays un havre de paix.

 

Ousmane CAMARA


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