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GMD : rivalités internes et installations contestées, le mouvement de Bah Oury s’ouvre dans un climat agité

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Alors qu'elle n'a pas encore obtenu son existence juridique, la Génération pour la Modernité (GMD) est déjà confrontée à de fortes tensions internes. Ce mouvement, qui a soutenu la candidature victorieuse du président Mamadi Doumbouya le 28 décembre 2025, peine à maintenir la cohésion au moment où s'engage sa phase d'expansion.

Sur le terrain, la course au contrôle des futures structures est lancée. À Conakry et dans plusieurs préfectures de l'intérieur, des responsables politiques s'activent pour mettre en place des bureaux locaux, souvent sans l'aval de la coordination nationale. Certains vont jusqu'à s'autoproclamer les dirigeants locaux, en l'absence de toute nomination officielle.

Ces rivalités apparaissent dans un contexte marqué par la proximité des élections législatives et communales annoncées pour le 24 mai, alimentant les ambitions et les calculs de positionnement.

Tougué, symbole des tensions

Dans la préfecture de Tougué, la situation est particulièrement envenimée. Abdourahmane Baldé, directeur du Front national pour l'insertion de la jeunesse (FONIJ), a publiquement dénoncé ce qu'il considère comme des tentatives d'influence et de manipulation dans la mise en place des instances locales du mouvement.

Face à cette multiplication d'initiatives jugées non conformes, la coordination nationale a décidé de réagir effectivement.

Des installations rejetées par la coordination

Dans un document rendu public, le Premier ministre et coordinateur du mouvement a déclaré « nulles et non avenues » toutes les installations de bureaux effectuées sans autorisation préalable. Il a précisé que seuls les directoires constitués durant la campagne présidentielle sont habilités, à ce stade, à communiquer sur la structuration du mouvement, les adhésions ou encore l'implantation territoriale.

La coordination insiste également sur le fait que toute organisation officielle ne pourra intervenir qu'après la reconnaissance légale de la formation, conformément aux textes en vigueur.

Un projet d'unification qui suscite des résistances

Au cœur des tensions figure la stratégie d'expansion adoptée par la direction. Bah Oury avait en effet invité les partis et mouvements alliés à abandonner leur autonomie pour intégrer une formation unique.

Une orientation qui implique la disparition d'organisations politiques parfois anciennes, et qui suscite des réticences, voire des frustrations, parmi certains acteurs.

Dans ce contexte délicat, la mission du chef du gouvernement consiste à rassembler les différentes composantes de la majorité présidentielle tout en limitant les rivalités internes.

L'enjeu est de taille : préserver l'unité du mouvement et éviter que les divisions naissantes ne compromettent sa structuration, à l'approche d'échéances électorales cruciales.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


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