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Campagnes présidentielles 2020 : L'administration garde t-elle sa neutralité ?

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Pour les échéances électorales du 18 octobre prochain, c'est presque toute l'administration qui est en campagne, que ce soit à Conakry où à l'intérieur du pays. Une action pourtant clairement interdite par le statut général des fonctionnaires.

Dans ledit statut, cest un article qui définit sans ambiguïté l'attitude que devrait adopter l'administration donc les ministres y compris.

« Tout fonctionnaire est tenu d'observer dans l'exercice de ses fonctions l'obligation d'impartialité et de neutralité. Il doit dans l'exercice de ses fonctions éviter tout agissement de nature à compromettre la dignité de la fonction publique», déclare l'article 25.

Si donc en temps normal, les fonctionnaires ne devraient pas s'afficher sous les couleurs d'un parti, c'est tout le contraire ici, attitude que regrette Me Thierno Souleymane Barry, avocat à la cour. Selon lui, ces actions de l'administration guinéenne qui devrait pourtant gérer le domaine des élections alors que des organes comme la CENI devaient être des organes transitoires montre qu'il reste encore beaucoup à faire.

« Que dire si l'administration dans sa presque totalité va dans le sens d'un parti politique ? Il nous reste encore beaucoup de chemins à faire pour confier les élections à une telle administration. A ce niveau, il ya un travail à faire. Cela ne veut pas dire que le fonctionnaire n'est pas un citoyen. Sous devoirs de réserve qui appartiennent à une certaine catégorie de citoyens, ils ont la liberté de participer à etc, etc... mais l'administration se doit d'être neutre dans le but de mettre l'ensemble des acteurs à égalité», a-t-il déclaré.

Il faut noter qu'il  n'existe pas de pénalité pour cet engagement dont fait preuve l'administration mais contraire à la loi. Toutefois, pour Me Barry, ce sur quoi l'on peut miser est l'envie d'indépendance du fonctionnaire et la volonté politique.

« A ce niveau là, ce qu'on peut déterminer, c'est beaucoup plus l'instauration d'une culture de neutralité dans l'administration mais ça, ça dépend beaucoup aussi d'une certaine volonté politique et c'est l'indépendance même du fonctionnaire. Mais on sait que dans des administrations caporalisées comme les nôtres, dès que les chefs décident de faire quelque chose, tous les autres sont obligés sous peine de se voir marginalisés. Il ya un chemin à faire. Normalement, la bonne santé de notre démocratie allait être la dispersion des organes comme la CENI et que ces organes là soient remplacés par un ministère de l'administration du territoire ou une direction générale des élections composée des fonctionnaires mais qui travaillent au nom de l'intérêt de tous et non pas de l'intérêt d'un parti au pouvoir ou autres.  Il en est de même de l'utilisation des moyens de l'État, ca crée un déséquilibre», a laissé entendre l'homme de droit Me Thierno Souleymane Barry.

Elisabeth Zézé Guilavogui pour 224infos.org


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