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Discours du Ministre de l’Hydraulique à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau

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Mesdames et Messieurs,
Chers compatriotes,
Partenaires techniques et financiers,
Représentants du secteur privé,
En ce jour où le monde célèbre la Journée mondiale de l'eau, je ne me tiens pas devant vous pour commémorer une simple ressource.
Je me tiens devant vous pour faire face à une réalité.
Une réalité qui nous interpelle.
Une réalité qui nous engage.
Une réalité qui nous oblige.
Car au-delà des discours, des chiffres et des institutions, il existe une vérité fondamentale, universelle et incontestable :
l'eau, c'est la vie.
Mais aujourd'hui, permettez-moi d'ajouter :
l'eau, c'est aussi une responsabilité.
Une responsabilité collective.
Une responsabilité immédiate.
Une responsabilité historique.
Cette année, la communauté internationale nous invite à aller plus loin, en fournissant au cœur de notre réflexion un principe essentiel : l'eau et l'égalité.
Car l'accès à l'eau ne relève pas uniquement des infrastructures.
C'est une question de justice.
Une question de dignité.
Une question d'égalité.
Une richesse paradoxale
La Guinée est souvent présentée comme le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest.
Et pourtant…
Dans nos villes, dans nos quartiers, dans nos villages, des milliers de citoyens continuent de chercher de l'eau, de marcher pour l'eau, d'attendre l'eau, d'espérer l'eau.
Et soyons lucides : ce sont les femmes et les jeunes filles qui en payaient le prix le plus lourd.
Elles se lèvent à l'aube.
Elles parcourent des kilomètres.
Elles sacrifient leur temps, leur éducation, parfois leur santé, pour garantir l'essentiel à leurs familles.
Parler d'eau aujourd'hui, c'est donc aussi parler :
d'égalité des chances,
d'accès à l'éducation,
de justice sociale,
et de dignité humaine.
Un défi national majeur
Notre pays compte aujourd'hui plus de 2,5 millions de ménages, avec une croissance démographique soutenue et une urbanisation accélérée.
Malgré les efforts engagés et les investissements réalisés, l'accès à l'eau potable reste en deçà des attentes légitimes de nos populations.
Cette réalité, nous ne la contournons pas.
Nous l'assumons.
Si nous ne changeons pas de trajectoire, certaines de nos localités pourraient connaître, au cours des prochaines décennies, un stress hydrique sévère.
Le changement climatique aggrave cette situation :
irrégularité des pluies,
pression sur les ressources,
dégradation des écosystèmes.
Mais je veux être clair : ce scénario n'est pas une fatalité.
Des actions engagées, une dynamique en marche
Depuis plusieurs années, nous avons engagé des actions concrètes :
Renforcement des réseaux d'adduction d'eau potable
Développement des infrastructures en milieu rural
Lancement de projets structurants en zones urbaines
Amélioration des capacités de production et de distribution
Avec l'appui de nos partenaires, des programmes majeurs sont en cours :
le projet d'alimentation en eau potable du Grand Conakry
le programme des 7 capitales régionales
plusieurs initiatives de réhabilitation et d'extension
Par ailleurs, avec le soutien de la BIDC, les villes de Fria, Koubia et Beyla bénéficieront prochainement d'infrastructures hydrauliques modernes.
Et dans le cadre du programme Simandou 2040, l'eau est désormais reconnue comme une priorité stratégique nationale.
Un défi économique et un changement de paradigme
Le besoin global d'investissement dans le secteur de l'eau s'élève à près de 2,4 milliards d'euros.
Face à cette réalité, une évidence s'impose :
L'État seul ne peut pas tout financer.
Nous devons changer d'approche.
Oui, l'eau est un bien social.
Mais elle doit aussi devenir un secteur structuré, attractif et durable.
C'est pourquoi j'en appelle :
aux institutions financières,
aux banques nationales,
aux investisseurs privés.
Investir dans l'eau, ce n'est pas investir dans un produit.
C'est investir dans la vie.
Dans la santé.
Dans la stabilité.
Dans l'avenir.
Préserver une ressource vitale
Au-delà des infrastructures, nous devons aussi changer nos comportements.
Le gaspillage de l'eau est une réalité préoccupante :
conduites défectueuses
pertes non maîtrisées
usage irresponsable
Chaque goutte perdue aujourd'hui est une crise demain.
La prolifération incontrôlée des fourrages constitue également une menace sérieuse pour nos nappes phréatiques.
Agir maintenant, autrement
À travers le Fonds Hydraulique, nous allons :
lancer des appels à projets
mobiliser la diaspora
attirer les investisseurs
encourager les partenariats innovants
Parce que nous devons mobiliser toutes les énergies.
Des résultats concrets
Lors de cette Journée mondiale de l'eau, 20 localités, jusque-là dépourvues d'infrastructures, seront désormais desservies en eau potable.
C'est un signal fort.
Un engagement concret.
Une avancée réelle.
Conclusion : un appel à la responsabilité
Mes chers compatriotes,
L'eau est une responsabilité partagée :
responsabilité de l'État
responsabilité des collectivités
responsabilité du secteur privé
responsabilité des citoyens
Nous devons changer notre rapport à l'eau.
Changer nos habitudes.
Changer notre manière d'agir.
L'eau n'est pas un problème de demain.
C'est une urgence d'aujourd'hui.
Mais j'en suis convaincu :
si nous agissons maintenant, alors demain sera une réussite collective.
Je vous remercie.
Que Dieu bénisse la Guinée.

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