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MGF : la Guinée célèbre la journée internationale de la lutte contre les mutilations génitales féminines

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La Guinée a célébré ce lundi, 3 février 2020, la journée internationale tolérance zéro contre les mutilations génitales féminines avec pour thème «  Libérer le pouvoir de la jeunesse : une décennie d’accélération de la lutte pour l’éradication des mutilations génitales féminines d'ici 2030 ».

Dans son discours, la ministre de l’action sociale de la promotion féminine et de l’enfance a indiqué que la commémoration de cette journée est une volonté de la communauté internationale afin d’amener les décideurs politiques et les leaders communautaires à plus d’engagements et d’abandon en faveur des MGF.

« Le phénomène de pratiques traditionnelles néfastes liées aux mutilations génitales féminines constitue des formes de violences parfois encouragées par nos traditions et nos cultures dans la plupart de nos pays est en contradiction avec nos obligations qui découlent aux droits humains et aux besoins de développement des femmes et filles », souligne la ministre Hadja Mariama Sylla.

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Pour cette célébration, l'accent a été mis en particulier sur le rôle des leaders religieux dans leur implication à aider à l’abandon des mutilations génitales féminines d’ici 2030. Et c’est pourquoi le Secrétaire général des affaires religieuses à pris l’engagement de son département à œuvrer dans le cadre de la prévention de mariages d’enfants, du viol, le travail des enfants mais surtout l’abandon des MGF.

« La question de la protection des femmes et des filles est une prescription divine et donc une obligation pour tout religieux, car Dieu le tout-puissant accorde un grand respect pour les femmes. C'est dans cette dynamique que mon département a adopté une fàtwa interdisant les mutations génitales féminines et adopté une stratégie d’intervention des leaders religieux pour la promotion de son abandon », a déclaré le secrétaire des affaires religieuses Abou Jamal Bangoura.

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La communauté internationale reconnaît les MGF comme étant une violation des droits humains des femmes et des filles. C'est pourquoi le système des nations unies en Guinée se dit confiant face aux progrès considérable enregistrés en Guinée,  tout en notant que des efforts restent encore à faire sur ce plan.

«Selon les données de l’enquête démographique et de santé en 2018, 95% des filles et femmes de 15 à 49 ans ont été victimes des MGF contre 97% en 2012. Les progrès sont plus notables chez les filles de 0-14 ans qui enregistrent 39% en 2018 contre 46% en 2012. Au plan institutionnel, des avancées ont été enregistrées en Guinée avec l’adoption de la mise en œuvre du plan stratégique national révisé 2019-2023 pour la promotion de l'abandon des MGF et de son plan d’action budgétisé », a fait comprendre Pr Georges Alfred Kizerbo coordinateur résident du système des nations unies.

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A noter que ce sont plus de 390.376 filles de moins de 15 ans qui subissent chaque année ces mutilations génitales féminines. Et cela interpelle l’ensemble des décideurs à accélérer les efforts et les investissements en faveur des enfants et des jeunes, garçons et filles pour parvenir à un abandon total des mutilations génitales féminines.

Mamadou Samba Barry, pour 224infos.org


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