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Affaire Kéléfa Sall : Le Barreau de Guinée se prononce.

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Le Barreau de Guinée était devant la presse ce Mardi 18 Septembre 2018 à la maison commune des journalistes. A travers cette conférence de presse, le Barreau de Guinée a exprimé sa position par rapport à la crise qui secoue la Cour Constitutionnelle. Crise née de la motion de destitution du président de l’institution Kéléfa Sall.

A travers une réunion extraordinaire  tenue  le vendredi  14 septembre le Conseil de l’Ordre des Avocats de Guinée a examiné la situation qui prévaut au sein de la Cour Constitutionnelle, à l’issu de cette réunion le Barreau de Guinée soutient que la décision de révocation de Kéléfa Sall ne respect ni le fond et la forme des textes règlementaires de la Cour Constitutionnelle

« …aujourd’hui manifestement c’est une décision qui n’est pas fondée sur le plan juridique. On nous dit que si un greffier n’a jamais apposé sa signature sur la décision c’est parce qu’il ne prend pas part à la délibération c’est vrai mais le greffier est le témoin des débats dans une juridiction. Il ne peut pas y avoir d’audiences, de débats sans greffier parce que c’est lui qui note tout ce qui se dit. Sur le plan même formel, une décision de justice doit se suffire à elle-même. Autrement dit, dans la rédaction d’une décision de justice y a un certain nombre de forme  à respecter. Les noms des parties, les noms des juges, la narration des faits et la qualification juridique des juges donnent à ces faits. Or dans la décision qui a été rendu par les huit (8) juges, on procède par référence à un acte extérieur à la décision à savoir, le retrait de confiance ou la motion de défiance. Donc, sur le plan même de la respectabilité de la Cour, sur le plan même de la crédibilité de la Cour une telle décision pose problème parce qu’il s’agit d’une décision venant de ceux qu’on appelle habituellement les sages. Si les sages peuvent produire une telle décision je me demande encore une fois qu’est ce qu’on peut reprocher aux juridictions inferieurs lorsqu’il y a des anomalies. Ça c’est purement sur le plan formel. Mais même si l’on restait simplement sur le plan du fond encore une fois il  y a des choses à dire », a déclaré  Me Mohamed Traoré bâtonnier de l’ordre national des avocats.

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Poursuivant, Me Mohamed Traoré a au nom des membres de l’ordre national des avocats estimé que la question du troisième mandat ou le discours de Kéléfa Sall lors de l’investiture d’Alpha Condé en 2015 ne sont pas les raisons de cette situation

« Donc la question du débat relatif au discours de 2015 à mon avis c’est un faux débat. Il faut se centrer sur ce qui est le véritable problème. Le véritable problème c’est le respect de la légalité. Le véritable problème c’est de faire en sorte que nous ayons des institutions crédibles. Si l’on  (l’exécutif) essai à travers  certains comportement de l’exécutif qu’il y a une volonté  d’assujettir toutes les institutions c’est nous pauvres citoyens qui sommes en danger. Donc c’est à ce niveau qu’il faut situer le problème. Pas sur la question de savoir est ce qu’on en veut pas à Mr Kéléfa Sall parce qu’il est le seul rempart contre le troisième mandat… », A souligné Me Mohamed Traoré.

Il faut noter que le Barreau de Guinée a réitéré  que si toute fois ces juges ne reviennent pas sur leur décision ils envisageront une autre démarche, les marches ne seront pas exclu.

N’Famoussa Siby pour 224infos.org


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