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Éducation : « Budget détourné » selon Dansa Kourouma, affirmation non vérifiée pour Mamady Sidibé (vice-président commission éducation)

Dansa-Kourouma

Instauré le 24 janvier 2019, la journée mondiale de l'éducation est depuis cette date célébrée partout dans le monde. En Guinée, à l’occasion de sa 2ème édition, des acteurs et défenseurs du droit à l’éducation se sont échangés des piques lors d’un panel, chacun estimant que l’autre ne fait pas son travail.

Il s’agit de Dr Dansa Kourouma, président de la Coalition Nationale des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG) et Honorable Mamady Sidibé, vice-président de la commission éducation à l’assemblée nationale. Selon le premier, l’école par le bas est une responsabilité politique et l’Etat guinéen doit en prendre conscience en apportant plus d’argent à l’éducation et en dépensant bien cet argent.

« Ceux qui gouvernent n’ont pas intérêt que l’école soit un modèle parce que ceux qui sortiront de l’école les rendront responsables de leur gestion. Et plus les enfants ne sont bien formés, bien éduqués, bien ancrés… ils vont demander des comptes à ceux qui gouvernent et ceux qui gouvernent ne veulent pas qu’on leur demande des comptes donc il faut niveler l’éducation par le bas, pour que ceux qui sortent de l’école ne soient pas des citoyens critiques qui puissent leur demander des comptes… », a dénoncé Dansa Kourouma.

Selon cet homme de la société civile, 15% du budget alloué à l’éducation ne l’est pas vraiment. Il le compare à de l’eau qu’on met dans un bol percé.

« Les 15%, il n’y a pas plus de 5% qui arrive à l’école. Cet argent est mal dépensé, détourné.cet argent au lieu d’aller à l’école et aux enseignants, la bureaucratie qui est devenue si gourmande engloutit cet argent. Le budget il est voté à Conakry, dépensé à Conakry, contrôlé et détourné à Conakry. C’est pourquoi l’un des défis les plus importants pour sortir l’école de cette situation, c’est la décentralisation », a dévoilé le président du CNOSCG.

Assemblee-nationale

Présent, le vice-président de la commission éducation à l’assemblée nationale a fait savoir que cette affirmation ne repose sur aucun fait vécu, donc il faut s’en méfier.

« La gestion de ce budget au niveau du secteur de l’éducation… relève de la compétence d’un département  mais dès l’instant que les fonds sont examinés, ils sont mis à la disposition des directions, des services, des structures relevant de la responsabilité du département. Si ces fonds sont bien gérés, c’est le souhait de tous et de chacun. Si ces fonds font l’objet de malversation et que l’assemblée en soit informée, l’assemblée peut se saisir en envoyant des missions d’informations sur le terrain pour voir la véracité. Ce qui est dit ici, c’est une affirmation qui ne repose pas sur des faits vécus. Il dit le budget est voté, utilisé et contrôlé à Conakry. C’est une affirmation dont il faut se méfier. En ma qualité de parlementaire, il faut aller à la vérification et étudier les problèmes sur la base de la véracité... Tel fonds a été mis à la disposition de tel département, de telle direction nationale, de telle structure, de telle DPE, de telle IRE et il n’a pas été utilisé comme cela se devait ? Alors il faut envoyer des missions d’information, des missions parlementaires, des missions d’enquêtes. Tout ça, ça peut arriver mais l’affirmation elle est globale et je m’en méfie », a répondu Mamady Sidibé.

Il faut retenir qu’après les différents débats, des solutions par ces deux acteurs ont tout de même été proposés dont l’investissement dans l’éducation par tous et la dépense intelligente de l’argent investi.

Elisabeth Zézé Guilavogui


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