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Environnement : la Guinée face au déclin alarmant des vautours

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À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux vautours, célébrée ce 5 septembre, la Fondation HÉRITAGE Avifaune (FHA) tire la sonnette d’alarme sur la situation de ces rapaces en Guinée. Les résultats de plusieurs études et campagnes d’observation révèlent une diminution importante de leurs populations au cours des dernières décennies.

Quatre espèces de vautours sont présentes de manière permanente sur le territoire guinéen : le Vautour de Rüppell, le Vautour africain, le Vautour charognard et le Vautour à tête blanche. Toutes figurent désormais parmi les espèces classées en danger critique d’extinction. Leur nombre aurait fortement chuté au cours des vingt dernières années.

Cette tendance est notamment documentée par les travaux ornithologiques menés depuis plusieurs années par Afrique Nature International, puis renforcés par la Fondation HÉRITAGE Avifaune, créée en 2020. Des missions d’inventaire réalisées entre 2022 et 2024 dans différentes régions du pays ont permis de confirmer l’ampleur du recul.

Un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes

La disparition des vautours ne serait pas sans conséquences sur l’environnement et la santé animale. Ces oiseaux jouent un rôle naturel de « nettoyeurs » en consommant rapidement les carcasses d’animaux morts.

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En éliminant ces matières en décomposition, ils participent à l’assainissement des milieux naturels et contribuent à réduire certains risques sanitaires. Pour les éleveurs comme pour les spécialistes de la conservation, leur présence constitue donc un véritable service écologique.

La Fondation les considère également comme des bioindicateurs : l’évolution de leurs populations peut renseigner sur l’état général des écosystèmes.

Des menaces principalement liées aux activités humaines

Selon les observations de la FHA, la pression exercée par l’homme constitue l’une des principales causes de leur disparition. Les vautours sont notamment victimes d’abattages destinés à certains usages de la médecine traditionnelle et du fétichisme.

La chasse pour la consommation et le commerce de leur viande représente également une menace importante. Ces pratiques, combinées à d’autres pressions exercées sur la biodiversité, fragilisent davantage des populations déjà en fort déclin.

Une perte qui serait aussi culturelle

Au-delà de leur fonction écologique, les vautours occupent une place dans l’imaginaire et les traditions de plusieurs communautés africaines. Ils apparaissent dans des proverbes, des récits et certaines pratiques culturelles et initiatiques. Des représentations de ces oiseaux peuvent également se retrouver sur des masques ou dans des objets cérémoniels.

Leur disparition pourrait ainsi signifier la perte d’un élément du patrimoine naturel, mais aussi d’une partie de la mémoire culturelle.

La conservation au cœur des actions de la FHA

Pour inverser cette tendance, la Fondation HÉRITAGE Avifaune mène des actions de sensibilisation, de suivi et de conservation des populations de vautours. Elle travaille notamment avec la Direction Nationale des Forêts et de la Faune du ministère de l’Environnement et du Développement durable, ainsi qu’avec la Direction Nationale des Services Vétérinaires du ministère de l’Élevage.

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La Fondation prévoit également de renforcer ses partenariats avec d’autres institutions publiques à travers des mémorandums de collaboration.

Ces efforts s’inscrivent dans les nouvelles orientations nationales en matière de protection de la biodiversité, notamment celles liées aux gains nets de biodiversité et aux mécanismes de compensation écologique.

La protection des vautours apparaît donc comme un enjeu bien plus large que la sauvegarde d’une simple espèce. Elle touche à la santé des écosystèmes, à la protection du cheptel, à la biodiversité et au patrimoine culturel.

En cette Journée internationale qui leur est consacrée, les défenseurs de l’environnement appellent à une mobilisation accrue pour préserver ces rapaces indispensables à l’équilibre naturel. Leur raréfaction constitue, selon la FHA, un signal préoccupant sur l’état de la biodiversité en Guinée.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


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