En ligne (connectés) : 0 37

CRIEF : la question d’un présumé double matricule ravive le dossier Mohamed Diané

Mohamed-Diane
L'affaire judiciaire impliquant l'ancien ministre guinéen de la Défense, Mohamed Diané, a connu un nouveau rebondissement devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Lors de l'audience tenue le 11 juin 2026, un document produit par le parquet spécial a relancé les débats autour de la gestion des rémunérations publiques et des mécanismes de contrôle administratif de l'État.

Au centre des discussions figure un relevé provenant des services chargés de la vente publique. Selon l'accusation, ce document présenterait deux numéros matricules distincts associés à Mohamed Diané. Le parquet soutient que chacun de ces matricules aurait donné lieu au versement de traitements importants, pour un montant global rapportant à plusieurs centaines de millions de francs guinéens chaque mois.
Cette révélation a immédiatement suscité de nombreuses interrogations, tant sur l'origine de ces données que sur les éventuelles conséquences qu'elles pourraient avoir dans la procédure en cours.
Pour le ministère public, ces éléments méritent une attention particulière. Les procureurs estiment qu'ils pourraient révéler soit une défaillance majeure dans le système administratif de gestion des salaires, soit l'existence d'opérations financières irrégulières. L'accusation entend ainsi approfondir ses investigations afin d'établir avec précision la destination des fonds concernés et de déterminer les responsabilités éventuelles.
La défense de l'ancien ministre conteste pour sa part catégoriquement les conclusions avancées par le parquet. Mohamed Diané assure n'avoir jamais retenu de plusieurs matricules ni perçu de rémunérations parallèles. Ses avocats évoquent plutôt une erreur dans les bases de données administratives ou une mauvaise interprétation des documents présentés à la cour.
Afin de faire toute la lumière sur cette question, ils réclament notamment la production des registres officiels de paie ainsi que l'audition des responsables administratifs qui assuraient la gestion de la solde publique pendant la période concernée.
Cette nouvelle controverse s'ajoute à un dossier déjà marqué par de graves accusations. L'ancien ministre est poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics, d'enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. Depuis l'ouverture de la procédure, le procès est suivi avec attention par l'opinion publique, en raison de son importance dans la politique de lutte contre la corruption engagée ces dernières années.
Au-delà du cas de Mohamed Diané, les débats mettent également en évidence les défis liés à la fiabilité des systèmes administratifs et à la transparence de la gestion financière de l'État. L'affaire soulève notamment la question du renforcement des mécanismes de contrôle visant à prévenir les anomalies dans les fichiers de la fonction publique.
Les juges ont finalement renvoyé le dossier à une prochaine audience afin de poursuivre l'examen des pièces apportées au dossier et d'entendre d'autres acteurs susceptibles d'éclairer les zones d'ombre entourant cette affaire. En attendant, les échanges entre l'accusation et la défense continuent d'alimenter un dossier dont l'issue demeure encore incertaine.
Kogno Célestin Sagno pour 224infos

A propos de l'auteur :

224infos