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Hépatites virales : un fléau silencieux qui frappe des milliers de vies

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Les hépatites B et C représentent aujourd'hui une menace majeure pour la santé publique, souvent ignorée du grand public malgré son impact dévastateur sur des milliers de vies. Des experts médicaux tirent désormais la sonnette d'alarme tandis que les autorités sanitaires s'organisent pour intensifier le dépistage et la prévention.

Une maladie fréquente et méconnue

Les hépatites virales sont des infections du foie provoquées par des virus, principalement les virus de l'hépatite B (VHB) et C (VHC). Ces infections entraînent une inflammation du foie et, si elles deviennent chroniques, peuvent évoluer vers des complications graves comme la cirrhose ou le cancer du foie.
« L'hépatite virale est une maladie infectieuse d'origine virale qui se traduit par une inflammation plus ou moins détectable au niveau du foie », explique un spécialiste impliqué dans les campagnes de prévention en Guinée.
Des taux alarmants en Guinée

L'étude du Dr Thiérno Amadou Labé Baldé, déterminée en décembre 2025, a dépisté le VIH, l'hépatite B et C chez des femmes enceintes guinéennes, révélant une prévalence élevée de l'hépatite B dépassant un quart des cas, avec des formes occultes difficiles à détecter. Cette recherche souligne les risques de transmission mère-enfant et l'urgence d'un dépistage systématique. Elle complète des données antérieures indiquant une coinfection VIH-HBV autour de 8% chez les enfants VIH-positifs à l'hôpital Donka

D'autres données révèlent que près de 19 % de la population guinéenne pourrait être infectée par le VHB, ce qui place la Guinée dans la catégorie des zones à hyper-endémicité — bien au-dessus du seuil mondial de 8 %.
Une étude réalisée dans les milieux carcéraux guinéens a montré une prévalence de 29,1 % pour l'hépatite B et 6,5 % pour l'hépatite C, avec 3 % de co-infection VHB/VHC.

Ces chiffres font des hépatites virales l'une des maladies infectieuses les plus répandues dans la population guinéenne, avec un impact particulièrement fort chez les jeunes adultes et les groupes vulnérables.

Capture d'écran
Ce que disent les médecins

Selon le professeur N'djouriah Diallo, hépato-gastro-entérologue à Conakry, « l'hépatite B serait entre 18 % et 19 % en Guinée, un taux qui dépasse largement celui du VIH ». Pour elle, « la première cause du cancer du foie est due à l'hépatite virale B ou C ».

Ce constat est partagé par plusieurs spécialistes qui soulignent que la majorité des patients ne savent pas qu'ils sont infectés tant que la maladie n'a pas déjà provoqué de dommages significatifs au foie.

Pourquoi cette maladie est-elle si dangereuse ?

Une progression silencieuse

L'un des principaux problèmes des hépatites B et C est qu'elles peuvent évoluer sans symptômes pendant longtemps. Un patient peut être infecté pendant des années sans ressentir de signes alarmants, jusqu'à ce que le foie soit gravement endommagé.
C'est pourquoi les médecins renforcent l'importance du dépistage précoce :
« Sans dépistage, beaucoup de personnes ne savent pas qu'elles sont infectées jusqu'à ce que des complications graves apparaissent », affirment les experts.
Transmission et facteurs de risque

Les virus se transmettent principalement par :
  • Contact avec du sang contaminé (aiguilles, instruments non stériles)
  • Transfusion sanguine non sécurisée
  • De la mère à l'enfant pendant l'accouchement
  • Rapport sexuel non protégé
  • Partage d'objets tranchants ou infectés
L'absence de pratiques de prévention efficaces, notamment dans certains centres de santé ou au cours de soins informels, augmente les risques de transmission.

Les moyens de lutte : dépistage et prévention

Les médecins et organisations sanitaires recommandent :
- Dépistage généralisé

Un dépistage régulier permet de détecter l'infection avant l'apparition de complications graves. Des campagnes gratuites ou à faible coût ont été organisées à Conakry, couvrant des milliers de personnes.

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- Vaccination

La vaccination contre l'hépatite B est efficace et sûre, et si elle est administrée tôt, elle peut prévenir l'infection, surtout chez les nouveaux-nés.

- Sensibilisation communautaire

Les experts insistent sur la nécessité d'une information accumulée de la population, afin de combattre l'indifférence et les idées reçues autour de cette maladie.

Les hépatites virales B et C constituent aujourd'hui un problème de santé publique majeur à Conakry et dans toute la Guinée, avec des taux de prévalence parmi les plus élevés au monde. La combinaison d'un dépistage insuffisant, d'une absence de symptômes visibles pendant longtemps et d'un accès limité aux soins explique en grande partie pourquoi cette maladie reste sous-estimée.

Face à cette situation, les médecins appellent à renforcer les programmes de dépistage, de vaccination et de sensibilisation pour sauver des vies et réduire la charge de ces infections silencieuses.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


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