En ligne (connectés) : 0 97

Guinée : La reconduite du Docteur Diaka Sidibé ou le signal d’une maturité technocratique (Par Daouda Conté)

Daouda Conté

L’avènement de la Vème République en Guinée marque l’ouverture d’un chapitre décisif de notre histoire institutionnelle. Dans cette architecture nouvelle, la composition du gouvernement républicain est attendue comme un indicateur de la direction que prendra l’État. En confirmant le Docteur Diaka Sidibé à la tête du ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, les autorités consacrent la stabilité technocratique comme l'un des piliers de ce renouveau constitutionnel.

Un pari sur le mérite, validé par la continuité républicaine

En tant qu’analyste de la vie publique, je dois confesser que le Docteur Diaka Sidibé figurait parmi les cadres sur lesquels j’avais misé dès les premières heures de la refondation nationale, en l’incluant dans une liste de personnalités proposées pour le premier gouvernement. Ce choix, je l’avais fait sans la connaître personnellement — au-delà du simple lien de courtoisie avec son époux — mais sur la seule base de son parcours brillant, notamment sa gestion exemplaire de l'Institut des Mines de Boké.

Aujourd’hui, son maintien au sein de la Vème République est la preuve que son efficacité n'était pas conjoncturelle, mais structurelle. Elle incarne cette synthèse rare, cette « personne ressource » qui a su injecter la rigueur de l'expertise issue de la diaspora dans la substance même de l’école guinéenne. Elle prouve que le « Brain Gain » (retour des compétences) n'est pas un concept abstrait, mais une réalité de transformation publique.

Un management d'excellence pour une République moderne

La force du Docteur Diaka Sidibé réside dans sa capacité à bâtir des institutions plutôt que de simples administrations. En s'entourant d'une « task-force » d'excellence, elle a transformé son ministère en un laboratoire de la refondation.

On ne peut analyser les réformes structurelles du département sans citer l’apport stratégique de cadres dont je connais personnellement la compétence et l'intégrité, à l'image des Docteurs Oumar Sivory Doumbouya et Ramadan Diallo. Avec d’autres cadres passionnés comme Aminata Deen Touré ou Abdoulaye Keita, pour ne citer qu'eux, ils forment cette garde technocratique qui permet de traduire le plan d'action opérationnel en résultats tangibles. Sous cette Vème République, cette synergie entre cadres de la diaspora et experts locaux devient le moteur de notre souveraineté scientifique.

La stabilité administrative : Un actif stratégique

Pour les partenaires au développement et les observateurs internationaux, l'entrée dans une nouvelle République exige de la lisibilité. En stabilisant le Docteur Sidibé et son équipe, la Guinée fait le choix de la mémoire institutionnelle. Une réforme de l'enseignement supérieur et de la recherche est une œuvre de longue haleine qui ne peut souffrir des ruptures habituelles lors des changements de régime.

De Boké au sommet de l’État, le parcours du Docteur Sidibé garantit que les engagements pris vis-à-vis du monde universitaire et des chercheurs ne subiront pas de coups d'arrêt. C’est une garantie de sérieux qui renforce la crédibilité de la signature guinéenne sur l'échiquier international.

La méritocratie comme socle républicain

En conclusion, la présence du Docteur Diaka Sidibé dans ce gouvernement est une victoire pour la méritocratie. Elle démontre que la compétence, lorsqu'elle est mise au service de la nation avec méthode, finit par s'imposer comme une évidence républicaine.

Pour la réussite de ce nouveau cycle, maintenir de tels profils et favoriser l'émergence de telles équipes est plus qu’un choix politique : c’est une nécessité stratégique pour une Guinée résolument tournée vers l'excellence, la modernité et le rayonnement international.

Par Daouda CONTE

Analyste socio-politique


A propos de l'auteur :

224infos